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Vieux 09/02/2007, 16h15
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Rambo Morisien
 
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ÉDUCATION : FRAIS

La discrimination sociale s'installe




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L'abolition des subventions de l'État sur les frais d'examens de SC et de HSC a permis de lancer le débat sur l'accès à l'éducation. En dépit des différentes initiatives visant à faciliter le droit au savoir, beaucoup de familles mauriciennes rencontrent de plus en plus de difficultés à envoyer leurs enfants à l'école. Problèmes économiques, manque d'encadrement, autant d'obstacles qui se présentent, même si les familles font de l'éducation une priorité.
"L'éducation devient de moins en moins accessible en raison du coût élevé de la vie." C'est l'avis de la syndicaliste Jane Ragoo qui milite au sein de la Plateforme syndicale pour dénoncer certaines mesures du budget 2006-2007. Elle cite son propre exemple : "Mon fils est entré en Lower six cette année. Rien que ses livres m'ont coûté Rs 3 000. Faites le compte si on doit y ajouter son uniforme, ses chaussures, la nourriture et les leçons particulières. Comment les gens vont faire pour continuer à envoyer leurs enfants à l'école même si elle est gratuite ?"
Travailleuse sociale dans la région de Tranquebar, Gilberte Hauradhur est aussi confrontée à cette dure réalité. "Dans la région, il y a beaucoup de familles de squatters. Des enfants ne vont pas à l'école parce qu'ils n'ont pas à manger. Nous faisons de notre mieux pour encourager les familles à envoyer les enfants à l'école, mais parfois, il faut être réaliste. Comment demander à un enfant d'aller à l'école quand il n'a pas dîné la veille ou pris de petit-déjeuner le matin ?" Le Service d'Écoute de Caritas enregistre également beaucoup de demandes d'aide pour les uniformes et matériels scolaires. De même, il a été noté que beaucoup d'enfants ne fréquentent pas les maternelles dans des régions défavorisées car les parents n'ont pas les moyens de payer les frais.
Obstacle. Lindsey Collen de Lalit fait ressortir que l'accès au savoir n'a pas uniquement des contraintes économiques. "Quand la langue de l'enfant n'est pas reconnue. Quand l'enfant se voit contraint d'apprendre dans une langue qu'il ne maîtrise pas, c'est déjà un obstacle dès le départ." Dans le même esprit, elle rappelle la demande de Lalit pour régionaliser les bourses universitaires, afin de donner la chance aux enfants venant de milieux différents. "Aujourd'hui, nous savons que nous ne sommes pas seuls à penser dans ce sens. L'UPSEE et le BEC, entre autres, se sont prononcés en faveur d'une telle mesure. Aux autorités, maintenant, de prendre leur décision."
Jane Ragoo ajoute que dans un pays où l'on parle d'Equal Opportunity, la discrimination sociale s'installe de plus en plus. "Prenons le simple exemple de l'abolition des subventions sur les frais d'examens. Ce sont les plus pauvres qui seront les plus affectés par cette mesure. Le barème de Rs 7 500 pour avoir droit aux subventions est loin de la réalité. Il y a beaucoup de familles qui ont un salaire combiné de Rs 10 000. Cela ne veut pas dire qu'ils ont les moyens de payer les frais d'examens pour autant. Surtout que cette mesure était inattendue."
La syndicaliste fait référence au manifeste électorale de l'Alliance sociale en 2005, où il était stipulé que les frais d'examens seraient pris en charge à 100%. "Cela démontre à quel point ils ne sont pas sérieux." Jane Ragoo rappelle aussi que c'est le gouvernement travailliste qui, en 1996, avait introduit la subvention de 50% des frais d'examens.
Droit. Lindsey Collen dit, elle aussi, non à la discrimination. Si tous les enfants sont les citoyens de ce pays, ils ont tous droit à la subvention, avance-t-elle. "La question d'abolition de la subvention avait déjà été évoquée sous l'ancien régime. À l'époque, cela concernait les familles touchant plus de Rs 30 000. L'actuel gouvernement a ramené le plafond bien plus bas. Mais là n'est pas la question. Tous les enfants de ce pays ont des droits égaux. Si le gouvernement veut prendre plus d'argent avec les riches, qu'il trouve d'autres moyens. À travers la taxe, par exemple."
S'agissant de l'appel au secteur privé pour introduire des soft loans, Lindsey Collen dit craindre une pente dangereuse. "C'est comme si nous retournions à l'époque de l'esclavage. L'employeur paye les études de votre enfant et vous êtes contraint de travailler pour lui pour un certain nombre d'années afin de le rembourser. L'aide sociale relève plus du devoir de l'État que du secteur privé."
Jane Ragoo dit elle aussi ses réserves sur cette mesure. "Pour la compensation salariale, par exemple, le gouvernement avait demandé aux entreprises d'accorder une somme supplémentaire. Très peu l'ont fait et de manière très minime. Je crois que c'est au gouvernement de prendre soins de ses citoyens." Pour étayer ses propos, Jane Ragoo cite une fois de plus le coût élevé de la vie. "Depuis l'année dernière, tous les prix flambent. Le gouvernement en profite à travers la TVA. Donc, il a les moyens de continuer à accorder les subsides, contrairement aux parents, dont les salaires sont restés les mêmes."



Rétablir les subsides


La Union Of Private Secondary Education Employees (UPSEE) a pris les devants dans l'organisation de la résistance contre la décision du gouvernement d'abolir les subsides sur les examens de SC et de HSC. Une plateforme nationale a ainsi vu le jour et se réunira pour la première fois ce mercredi. Différentes organisations syndicales, des partis politiques, ainsi que des mouvements d'étudiants ont répondu à l'appel du président de l'UPSEE pour unir leurs forces. La plateforme nationale veut faire pression sur le gouvernement pour réintroduire les subsides à hauteur de 50% pour les frais d'examens du SC et du HSC, tout en maintenant la subvention à 100% pour ceux au bas de l'échelle.



Tifi 2e lot ?


Nous retrouverons-nous à la situation où les parents vont devoir choisir entre les filles et les garçons pour continuer l'école ? C'est la question que se pose Jane Ragoo. Elle se demande si les Mauriciens ont suffisamment de maturité sur la question de gender et comment vont faire les parents s'ils doivent choisir entre deux enfants pour prendre part aux examens. On le sait, dans le passé, en cas de difficultés financières, les familles choisissaient d'envoyer les garçons à l'école pour "faire leur avenir", alors que les filles, destinées au mariage, restaient à la maison.



Cambridge reste le partenaire

L'augmentation des frais aux examens de SC et du HSC a donné lieu à beaucoup de réflexions sur une éventuelle autonomie par rapport à Cambridge International Examinations. Après avoir travaillé sur toutes les options possibles, la direction du Mauritius Examination Syndicate a fait savoir sa position : Cambridge demeure l'option la moins coûteuse. Toutefois, une appropriation graduelle d'un certain nombre de syllabus visant à en faire des programmes à fort contenu mauricien et la correction d'un plus grand nombre d'épreuves localement sont envisagés. De même, des discussions se poursuivent sur l'éventualité d'émettre dans quelque temps, un Joint Mauritius-Cambridge School Certificate.


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