Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice - Afficher un message - 1 février, 172eme Anniversaire de L'abolition de l'esclavage
Afficher un message
  #1 (permalink)  
Vieux 02/02/2007, 07h06
Avatar de monica__95
monica__95 monica__95 est déconnecté
Super Fan RM
 
Date d'inscription: octobre 2004
Localisation: Ile de France...France
Messages: 3 939
1 février, 172eme Anniversaire de L'abolition de l'esclavage

Messe du 1er février : l'apologie de la résistance

Valérie Olla

La Tour Koenig, 1er février
(...) Ler tann lisyen zapé, ti bizin swazire. Ant retourn lor domenn, ouswa met listwar dan lasenn. Tan kout fizi tire. Leker ti tortire. Si pou twa se enn malsanss, pou mwa se rezistans (...)". C'est cette résistance, celle des marrons épris de liberté, qu'a voulu célébrer le Comité 1er février lors de la messe dite, jeudi, à l'occasion du 172e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en l'église Saint Matthieu à La Tour Koenig.
Si les histoires de Tatakama, Coutoupa, d'Alexandre, de Diamamouve, Zéphir et Madame Françoise datent du 19ème siècle, aujourd'hui encore, au 21ème siècle, quelques-uns font toujours de la résistance. Ils combattent ce qu'ils considèrent comme une injustice de l'histoire. Lorsque la voix éraillée de Lisette Talat s'est élevée, c'était pour faire entendre ceci : "juska kan li pou coume sa seigneur ?" Lors de l'homélie, en trois temps, cette figure emblématique de la lutte chagossienne a livré son témoignage de résistance. Elle a relaté ses années passées à lutter pour regagner Diego Garcia, sa terre natale. Ses années de souffrance sur le sol mauricien.
"Pendant sa voyage dix jours la depi Diego juska Moris, nou pa ti pe gaigne dilo lor bato la. Avec l'oder, nou pa ti pe capav respirer. Ene partie dimoune ti lor pont ene lot parti dan la calle bato. Mo martyre pa ti encor fini", raconte Lisette Talat. Elle lâche, amère, que lorsqu'elle est arrivée à Maurice, il ne lui manquait que les chaînes... Cette descendante d'esclave a relaté qu'en moins de huit jours, après son arrivée à Maurice, elle a perdu deux de ses six enfants. Et que depuis quarante ans elle se bat. "Mone gagne baté avec la police, mone fer la grève de la faim, mone dormi dan prison", dit Lisette Talat. Pour la délégation chagossienne qui s'envole vendredi soir pour l'Angleterre, elle a demandé les prières du Seigneur.
Pour Jimmy Harmon, respon-sable du programme Prevokbek et membre du Comité 1er février, qui s'est également exprimé lors de l'homélie, le plus grand héritage qu'aient légué les marrons, c'est la langue créole. "La langue de résistance des esclaves", a-t-il dit. Jimmy Harmon a déclaré qu'il déplorait le fait que le créole soit consi-
déré à l'école comme une langue de moindre importance alors que "nou met debout nou bane zenfans kan nou reconet zot langage". Il a dit qu'il se bat avec d'autres pour la reconnaissance du créole à l'école. "Nou pe fer résistance pou tout zenfan", a-t-il soutenu.
La messe concélébrée par Jacques David, prêtre de la paroisse, a été présidée par Mgr Maurice E.Piat, évêque de Port-Louis. "Etant moi-même un descendant de colon, je suis tout de même ici aujourd'hui dans la joie et en franche solidarité", a déclaré Mgr Piat.
Citant Alain Romaine et un psaume qui parle d'une "pierre rejetée par les bâtisseurs qui est devenue la pierre d'angle", l'évêque de Port-Louis dira que les esclaves ont construit beaucoup de bâtiments et qu'aujourd'hui, leurs descendants peuvent contribuer à construire la nation.
Réponse avec citation
Google