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Vieux 10/12/2006, 15h55
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Incendie à St.-Pierre

Incendie à St.-Pierre
Vicky Veerasawmy : mes 12 jours en prison
Vicky prie pour le repos de l’âme de ses enfants


Le père Vicky, Jayen, 14 mois, décédé, Darshini, admise à la Burns Unit, Nandinee, morte, Denila, hospitalisée et Seewashinee, morte et la mère Soushila. C’était, il y a un mois et demi, pour l’anniversaire d’un cousin


La vie n’a jusqu’ici pas été rose pour cet homme de 28 ans. Après avoir perdu deux enfants dans un incendie, il passe presque deux semaines en cellule. Entre-temps, une autre de ses filles meurt.


Sa vie bascule en enfer. De ses cinq enfants, il n’en reste que deux. Deux de ses filles, cinq et trois ans, et son fils unique, 14 mois, ont péri suite à l’incendie qui ravage leur chambre, le jeudi 23 novembre, à Circonstance. Les soupçons de la police se tournent vers lui. Il est accusé d’être l’auteur de l’incendie et il se retrouve en prison. Une étape qui va le marquer. Vicky Veerasawmy ne sait plus où il en est. Une charge provisoire de meurtre a été retenue contre lui concernant la mort de ses enfants.

Bilan du drame : trois morts et deux rescapées. L’état de santé de Denila, neuf ans, est considéré comme inquiétant. Darshinee, sept ans, est pour sa part hors de danger mais elle reste toujours à l’hôpital le temps de son rétablissement.

Parents, frères, beaux-frères, cousins, neveux et amis, ils étaient tous à St-Pierre jeudi après-midi. Vêtu d’un T-shirt sans manches, de couleur grise, d’un short kaki, mal rasé, et fumant cigarette sur cigarette, Vicky Veerasawmy vient d’être libéré après avoir fourni une caution de Rs 300 000. Ne disposant pas de cette somme en liquide, ses parents ont dû offrir un contrat de terrain comme garantie à la place. Mais, le plus important pour cette famille solidaire était que Vicky sorte de prison. Une fois libre, il n’avait qu’une idée en tête : voir ses deux filles rescapées, Darshinee et Delila.

Chose qui ne fut pas possible. Les conditions de la cour sont claires. Il faut qu’un officier du ministère de la Femme et du Bien-être de la famille l’accompagne. Il doit donc attendre le lendemain matin. Entre-temps, Vicky raconte, des dizaines de fois, ce qu’il a vécu à ceux qui viennent le visiter : «Les jours que j’ai passés en cellule policière sont les plus tristes de ma vie. Le premier était le pire. C’était au poste de police de Curepipe. Je venais de perdre deux enfants dans un incendie et je n’ai même pas pu terminer les rites religieux pour le repos de leur âme lorsque j’ai été arrêté. Mo la tet ti extra fatige. Sa ti pe manz mwa. J’étais le seul à savoir que j’étais innocent. Je pleurais, à la fois, pour ma fille et mon fils disparus et pour la situation dans laquelle je me retrouvais. Comment a-t-on pu m’accuser d’être celui qui a mis le feu à mes enfants ? C’est impensable. J’ai été emprisonné pour quelque chose que je n’ai pas fait. Seul le soir, c’était très difficile. Je pensais beaucoup à mon fils Jayen et à ma fille Shivashinee. Je savais qu’ils étaient partis pour de bon et mon vœu le plus cher à cet instant était d’être aux côtés des trois autres et de m’enquérir de leur état de santé. Je suis abattu par ce que j’ai vécu. Le plus dur est que j’ai assisté aux funérailles de Sivashinee mercredi et accompli les rites avec des menottes sous surveillance policière.»

Six heures du matin, le vendredi 1er décembre. Vicky se réveille aux aurores. Après un petit détour au poste de police de St-Pierre pour une formalité, il se rend à l’hôpital Victoria, accompagné de ses parents. Stressé, anxieux et nerveux, il attend l’officier du ministère.

Quelques minutes de patience et ce dernier arrive. La première visite est pour sa fille aînée, Delila. Il ne peut retenir ses larmes en voyant son état. Il sort de l’unité des soins intensifs bouleversé. Puis c’est le tour de Darshinee mais il ne la verra pas. L’heure des visites s’est écoulée. Triste et les larmes aux yeux, il quitte l’hôpital en attendant la permission d’y revenir.

Par Rudy Veeramundar
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