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Vieux 24/10/2006, 11h37
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Rambo Morisien
 
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Radio Moris fine fete so 3 ans , allez Zahool, Shezu, BB et les autres, raconte un peu depuis sa l'article lors l'express 28 juin 2004. Rocco ti met ene poste lors couma zot zournée passé, maintenant donne nous un peu évolution lors RM
DROITS D’AUTEUR
RadioMoris.com, la webradio qui dérange

Vagues sur le Net : la MASA exige que RadioMoris.com, qui diffuse du séga depuis le Canada 24 heures sur 24, paie des royalties. Le fondateur mauricien se défend.

Les moyens de bord sont limités mais ils permettent à RadioMoris.com de diffuser à travers le globe via Internet.
Sa petite chambre d’étudiant à Londres lui donne le cafard. En rentrant de son boulot à mi-temps au McDonald’s du coin, les cheveux empestant l’huile de friture, Raj a quand même le courage d’allumer son ordinateur. Quelques clics plus tard, il est sur RadioMoris. com, juste à temps pour écouter une chanson qu’il a demandée la veille : Dilo pou arrete never du Grup Latanier. Une petite larme lui glisse sur la joue. Il est à 10 000 kilomètres de son île natale, mais un petit séga lui réchauffe toujours le cœur.

RadioMoris. com est née en août 2003. Basée au Canada, cette webradio diffuse de la musique mauricienne gratuitement et en continu sur Internet. Mais, tout comme l’eau du Grup Latanier, elle est menacée d’extinction. Son concept déplaît à la Mauritius Society of Authors (MASA) qui lui demande de payer des droits d’auteur aux artistes mauriciens. Le bras de fer vient de commencer.

“Je me battrai bec et ongles pour que RadioMoris.com reste”, affirme David G, le fondateur de la webradio. Sous ce pseudonyme, ce jeune mauricien établi au Canada ne veut révéler son identité, craignant d’être poursuivi lors d’un prochain séjour à Maurice. Cette crainte est maintenant fondée. La MASA bouclera bientôt son enquête et transmettra le dossier à l’Information Technology Unit de la police qui décidera de la marche à suivre. “Il est inconcevable que cette radio utilise des œuvres mauriciennes à des fins commerciales mais ne paie pas de royalties aux artistes locaux”, déclare le directeur de la MASA, Gérard Louise.

RadioMoris. com ne se considère pas comme un business. La webradio diffuse à partir d’une chambre convertie en mini studio au domicile de David G. Le matériel n’est pas imposant : un ordinateur, des micros, une table de mixage et une collection de CD. Les animateurs sont tous des volontaires. Le fonctionnement de RadioMoris. com nécessite un budget mensuel d’environ Rs 6 000. L’unique source de revenus est une bannière publicitaire, mais elle ne couvrirait pas les dépenses de la webradio. RadioMoris.com affirme ne pratiquer aucune activité commerciale. “C’est un hobby, voire un hobby trop sérieux. Le site a pour objectif de promouvoir la musique mauricienne et de réunir la diaspora mauricienne autour de la musique et en utilisant les nouvelles technologies”, explique David G.

Chaque jour, un millier de personnes visitent RadioMoris.com. Ce sont surtout des Mauriciens expatriés aux quatre coins du globe. Tout comme Raj, ils veulent entendre la musique qui les rapproche de leur pays natal mais ne peuvent la télécharger. Le piratage est presque impossible.


Droits d’auteur et autorisation online

Le litige avec la MASA porte essentiellement sur les droits d’auteur. Tout artiste dispose de droits économiques sur ses œuvres : il encaisse de l’argent à chaque fois que sa musique est utilisée. Ce concept est idéal pour les médias traditionnels comme la radio ou la télévision, mais l’est moins pour l’Internet. Par définition, les webradios peuvent diffuser sur n’importe quel point du globe connecté à l’Internet. Or, dans l’univers virtuel, l’utilisation extensive de musique protégée par le droit d’auteur ne se limite pas aux frontières territoriales.

“La véritable question juridique derrière le litige est celle-ci : aux yeux de la MASA, quelle est la valeur de l’autorisation délivrée pour les webradios par la société des droits d’auteur auprès de laquelle RadioMoris. com serait enregistrée ?” soutient Jacques Andy Isabelle, avocat d’affaires mauricien basé à Paris.

La MASA accepte le fait que l’Internet ait ses particularités mais elle exige que RadioMoris. com paie des droits – le tarif est négocié au cas par cas. Elle admet avoir reçu une communication de la webradio mais “refuse de discuter avec un fantôme qui ne veut pas divulguer son nom”.

Les avocats de David G. insistent pour qu’il conserve l’anonymat : “Nous ne voyons pas comment la MASA changera sa position si elle connaît l’identité de la personne derrière RadioMoris. com. Que la MASA précise l’application du régime mauricien aux webradios et l’allégation que RadioMoris. com opère dans l’illégalité au regard du droit mauricien.”

Alors que la guerre à distance continue, RadioMoris. com dit vouloir normaliser ses liens avec la MASA.

Même si elle n’est qu’un hobby à l’heure actuelle, la webradio pourrait bien-être un précurseur, quand la musique sera essentiellement transmise et vendue au format numérique. “Internet est un moyen d’atteindre un nouveau public et un nouveau marché. Nous ne sommes pas en compétition avec les radios FM ou avec la vente locale de CD. Nous développons un nouveau marché mondial que les artistes pourront exploiter”, dit David G.


Difficultés de réglementation

Les webradios n’en sont qu’à leurs balbutiements. Elles devraient prendre de l’ampleur avec l’adoption rapide de l’Internet à haut débit à travers le monde et la disponibilité de téléphones portables permettant un accès rapide au web. La webradio n’est pas limitée géographiquement et ne dépend pas de l’attribution des fréquences. Elle est également difficile à réglementer. Les sociétés d’auteurs ont tenté de remédier à la situation en signant les accords de Santiago en septembre 2000. Ils permettent à chacune d’entre elles d’autoriser la diffusion dans le monde entier de l’ensemble des œuvres de leur répertoire par les exploitants de sites Internet.

Ces accords portent sur les droits de diffusion mais ne peuvent rien faire quant au contenu. Par exemple, il est possible de créer une radio qui ne réponde pas au cahier des charges de l’Independent Broadcasting Authority, l’héberger à l’étranger et toucher un public mauricien à travers Internet. La technologie devance une nouvelle fois le législateur…



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